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Booster sel de nicotine, l'intégrer dans une recette DIY

Mis au point par Quentin Morvan ·  · 7 min à l'établi

Booster sel de nicotine, l'intégrer dans une recette DIY
Crédit photo : Denise Chan / Unsplash

Le petit flacon de 10 ml ne paie pas de mine, et c’est pourtant lui qui fixe le taux de toute la préparation. En DIY, il ne s’ajoute pas à un grand format déjà prêt. Il partage le flacon avec la base et le concentré, et chaque millilitre qu’il occupe en retire un aux autres. Intégrer un booster sel de nicotine demande donc un calcul posé avant d’ouvrir quoi que ce soit, un mélange soigné et un rangement strict une fois la séance finie.

Booster sel de nicotine, la place qu’il prend dans la recette

Le volume de booster sel de nicotine se calcule avec une seule formule, la même que pour un booster classique. On multiplie le taux visé par le volume final, puis on divise par le taux du booster. Le résultat se retranche du volume final, avec le concentré, et la base complète le reste.

La formule se retourne pour vérifier. Le taux final vaut le taux du booster multiplié par le volume de booster versé, divisé par le volume final. Si les deux calculs ne tombent pas d’accord, l’erreur est dans la recette, pas dans le flacon.

Deux recettes calculées et vérifiées

Les deux exemples ci-dessous utilisent un booster aux sels à 20 mg/ml, en flacon de 10 ml, avec une base 50/50 à côté. La seconde est la recette de référence du site, reprise avec les mêmes chiffres dans nos autres fiches.

Recette 1, 20 ml à 10 mg/ml pour un pod

Le volume de booster vaut 10 × 20 ÷ 20 = 10 ml, soit un flacon entier. Avec 10 % de concentré (2 ml), la base se limite à 20 − 10 − 2 = 8 ml. Vérification, 20 mg/ml × 10 ml donnent 200 mg de nicotine, répartis sur 20 ml, soit 10 mg/ml.

Au poids, avec une densité d’environ 1,15 g/ml pour la base et le booster 50/50, il faut 11,5 g de booster et 9,2 g de base. Le booster occupe ici la moitié du flacon, ce qui explique qu’une recette à taux élevé laisse peu de place à la base.

Recette 2, 50 ml à 4 mg/ml

Le calcul donne 4 × 50 ÷ 20 = 10 ml de booster, là encore un flacon entier. Avec 10 % de concentré (5 ml), la base monte à 50 − 10 − 5 = 35 ml, soit 11,5 g de booster et 40,25 g de base sur la balance. Vérification, 200 mg de nicotine pour 50 ml donnent bien 4 mg/ml.

Le même flacon de booster produit donc un liquide à 10 mg/ml ou à 4 mg/ml selon le volume qu’il nicotine. La méthode de pesée qui accompagne ces recettes est détaillée dans notre guide pour fabriquer son e-liquide au poids.

Sels ou nicotine base libre, ce qui change pour le préparateur

Les deux produits partagent le format, le plafond de 20 mg/ml et la méthode de calcul. Ce qui change se trouve dans la forme chimique de la nicotine et dans la sensation qu’elle procure.

Dans un booster aux sels, la nicotine est associée à un acide organique, ce qui abaisse le pH de la solution. La fiche produit le signale souvent par le nom du sel, lactate de nicotine chez Born To DIY, benzoate de nicotine dans le booster N+.

À taux égal, la sensation en gorge est plus douce qu’avec une nicotine dite base libre. C’est ce qui rend les taux de la recette 1 praticables sur un pod à tirage serré, là où un booster classique au même taux devient vite rêche.

Pour le préparateur, la conséquence est simple. Le calcul ne bouge pas, le taux choisi peut différer. On ne remplace pas un booster classique par un booster aux sels en gardant mécaniquement le même taux sans avoir testé le résultat sur un petit volume.

Obtenir un mélange homogène

Un booster sel de nicotine versé n’est pas pour autant mélangé. Tant que la préparation n’est pas homogène, le bas du flacon peut concentrer davantage de nicotine que le haut, et la première recharge ne ressemble pas à la dernière.

L’ordre aide. Le booster entre en premier dans le flacon vide, suivi du concentré puis de la base, qui entraîne le reste en tombant. Le flacon se ferme ensuite et s’agite franchement pendant une à deux minutes, en le retournant plusieurs fois.

Un contrôle visuel complète le geste. Tenu à contre-jour, un mélange encore hétérogène laisse voir des traînées ondulantes, dues aux indices de réfraction différents du PG et de la VG. Tant qu’elles restent visibles, on continue d’agiter. Avec une base 30/70 ou 100 % VG, plus épaisse, cette étape prend nettement plus de temps.

Conserver un booster entamé et la préparation

Un booster refermé se range dans son emballage d’origine, bouchon vissé, dans une boîte fermée placée en hauteur ou sous clé, à l’écart des aliments, de la lumière et de la chaleur. Les gants restent aux mains jusqu’à ce qu’il soit rangé. Les fiches de boosters à 20 mg/ml que nous avons consultées indiquent la mention de danger H301, toxique en cas d’ingestion, ce qui justifie à elle seule ce rangement.

La nicotine s’oxyde au contact de l’air, et un booster qui fonce avec le temps en est le signe visible. Notez la date d’ouverture sur l’étiquette et utilisez en priorité les flacons ouverts. La préparation finie porte à son tour une étiquette avec le taux final, la mention « sels de nicotine » et la date.

Pourquoi une recette DIY reste toujours sous le plafond

Le plafond vient du droit européen. Depuis la directive 2014/40/UE, un liquide contenant de la nicotine ne dépasse pas 20 mg/ml et ne se vend qu’en flacons de 10 ml au plus. Le booster sel de nicotine se situe à ces deux limites, et une recette DIY ne peut que diluer son taux.

Le 20 mg/ml du booster est donc un maximum, pas une cible. Aucune manipulation ne doit viser à dépasser ce taux, ni en réduisant la base ni en cherchant une nicotine plus concentrée hors du circuit réglementé. Le calcul sert à atteindre un taux choisi en dessous de ce plafond, et à le vérifier.

FAQ

Voici les questions pratiques qui se posent une fois les deux recettes en main.

Faut-il une base particulière pour un booster aux sels ?

Non. La base se choisit selon le matériel et le concentré. Il faut seulement compter le ratio du booster lui-même dans le mélange final, puisqu’il occupe une part du flacon.

Combien de boosters prévoir pour un litre à 3 mg/ml ?

Le calcul donne 3 × 1 000 ÷ 20 = 150 ml de booster, soit 15 flacons de 10 ml. Les 850 ml restants se partagent entre la base et le concentré.

Un booster aux sels se pèse-t-il comme un booster classique ?

Oui. Sa densité dépend surtout de sa base PG/VG, pas de la forme de la nicotine. Un booster 50/50 se pèse à environ 1,15 g/ml, comme une base 50/50.

Pourquoi une recette aromatisée reste-t-elle sous 20 mg/ml ?

Parce que le concentré dilue le booster dès qu’il entre dans le flacon. Avec 10 % de concentré, le taux maximal possible descend à 18 mg/ml.

Que noter dans le carnet pour une recette aux sels ?

Le type de nicotine, le taux et le ratio du booster, son numéro de lot, sa date d’ouverture, puis le taux final calculé et vérifié. Ces informations permettent de refaire la recette à l’identique.

Booster sel de nicotine en DIY, une formule et trois réflexes

Une formule, taux visé fois volume final divisé par le taux du booster, et sa vérification à l’envers. Trois réflexes ensuite, verser le booster en premier, agiter jusqu’à ce que les traînées disparaissent, ranger le flacon dès la dernière pesée. Le booster sel de nicotine trouve alors sa juste place dans la recette, à un taux choisi et vérifié.

Dans le même carnet de recettes

Fiche éditoriale destinée aux personnes majeures. Les produits du vapotage contiennent le plus souvent de la nicotine, une substance qui crée une dépendance. Cette fiche décrit une méthode de préparation et ne constitue pas une recommandation d’achat.